Pourquoi la pédiatrie?

Des taux de mortalité des moins de 5 ans inquiétants

 

Globalement, des progrès substantiels ont été accomplis en matière de réduction de la mortalité infantile depuis 1990, le taux de mortalité des moins de cinq ans a diminué de 53%. Et pourtant, 15 000 enfants meurent chaque jour de manière prématurée. La situation reste préoccupante.

En Afrique subsaharienne, et en particulier en Afrique centrale et de l'ouest, les taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans restent particulièrement élevés. 1 enfant sur 13 décède avant son cinquième anniversaire (75% des décès surviennent avant l'âge de 2 ans) - un taux nettement supérieur au ratio moyen d'1 enfant sur 147 dans les pays développés.

La pneumonie, le paludisme et la diarrhée sont les trois principales causes de mortalité et sont responsables de plus de 50% des décès chez les enfants de moins de 5 ans. Près de la moitié des enfants qui décèdent avant leur cinquième anniversaire souffrent de malnutrition.

Augmentation du taux de mortalité néonatale

 

La baisse du taux de mortalité néonatale de 1990 à 2015 a été plus lente que celle du taux de mortalité post-néonatale des enfants de moins de cinq ans. La mortalité néonatale représente donc aujourd'hui 44% du taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans.

Les 3/4 des décès néonataux surviennent pendant les 7 premiers jours de vie du nourrisson et 1/3 pendant les premières 24 heures de vie. 3 fois sur 4, le décès est du à des complications liées à l'accouchement, à des infections néonatales ou à une asphyxie. 

Maladies négligées

Les maladies non-transmissibles et congénitales représentent 13% des décès chez les enfants de moins de cinq ans. On estime que les complications liées à la drépanocytose sont responsables de 9% des décès des enfants de moins de cinq ans.

Les adolescents représentent un groupe de la population particulièrement vulnérable. On estime que 1,3 million d'adolescents sont décédés prématurément en 2012, la violence étant la principale cause de décès, en particulier chez les jeunes hommes. Les complications liées à la grossesse et à l'accouchement constituent la deuxième cause de décès chez les adolescents: 11% des accouchements sont vécus par des jeunes filles de 15 à 19 ans. On estime que 2 millions d'adolescents vivent avec le VIH.

Pourquoi les Journées pédiatriques?

 

Les outils, les recommendations et les directives pédiatriques doivent être adaptés à nos opérations sur le terrain. La plupart des consignes ont été élaborées dans des pays développés et sont rarement transposables sur le terrain en tant que telles. Les efforts de recherche opérationnelle doivent donc être renforcés dans le but d'élaborer de nouveaux outils et d’adapter ceux déjà existants.

Les nouveaux défis ne peuvent être résolus uniquement grâce à un engagement communautaire global et collectif en pédiatrie. Par exemple, la résistance aux antimicrobiens est une menace croissante pour la survie des enfants, en particulier pour les nouveau-nés.

Afin d'apporter une répondre à ces nouveaux défis opérationnels, MSF a organisé la première édition des Journées pédiatriques en 2016.

Les Journées pédiatriques visent à attirer l’attention des professionnels d'autres corps de métiers au sein de MSF, notamment des médecins, des infirmières, qu’ils soient spécialistes ou non. Il s’agit ainsi de renforcer les compétences des équipes grâce à la contribution de professionnels engagés dans le développement de méthodes innovantes pour traiter nos patients les plus vulnérables - à savoir les enfants. Les synergies développées entre les acteurs de terrain, les référents techniques et les chercheurs de grande renommée ont débouché sur cette conférence réellement opérationnelle prenant en compte les réalités du terrain ainsi que la demande et les besoins du personnel en mission.

 

Nos objectifs principaux sont les suivants :

 

  1. Identifier les lacunes qui subsistent, encourager la recherche, le développement de nouveaux traitements et de nouveaux diagnostiques destinés aux patients pédiatriques dans des contextes humanitaires.
  2. Comprendre les dernières découvertes et les adapter à notre pratique autant que possible.
  3. Trouver des solutions et élaborer des recommandations utiles dans les contextes dans lesquels travaillent MSF ainsi que d'autres organisations humanitaires.
  4. Assurer que la pédiatrie soit en première ligne des priorités MSF.

 

Le rapport scientifique de la conférence est disponible ici